Pourboires et bakchich en Égypte : le guide pratique
Le bakchich est un usage social normal en Égypte, donné pour un petit service rendu ; il se distingue du pourboire plus formel laissé à un guide, un chauffeur ou au personnel d'un hôtel.
Publié le lundi 15 juin 2026Mis à jour le lundi 31 août 20267 min de lecture

C'est probablement le sujet qui inquiète le plus les voyageurs francophones avant un premier séjour en Égypte, bien davantage que la chaleur ou la nourriture. La crainte est double : passer pour radin, ou se faire avoir. Les deux se dissipent assez vite dès qu'on comprend à quoi sert réellement le bakchich.
Qu'est-ce que le bakchich exactement ?
Le bakchich (بقشيش) est un petit don d'argent remis pour un service rendu, souvent minime : quelqu'un vous a montré le chemin, porté un sac, ouvert une porte, gardé un œil sur votre véhicule, aidé à trouver une place. C'est une pratique ancienne et parfaitement banale, qui fait partie du fonctionnement économique quotidien.
Il faut le distinguer de deux autres choses avec lesquelles on le confond souvent. Ce n'est pas une aumône : il y a un service en échange, même symbolique. Et ce n'est pas non plus un pourboire au sens européen, laissé en fin de repas ou de prestation ; le pourboire existe aussi en Égypte, mais il obéit à d'autres règles.
Le bakchich est-il obligatoire en Égypte ?
Non, rien ne vous y oblige légalement. Dans les faits, c'est un usage attendu dans un grand nombre de situations, et le refuser systématiquement crée une gêne réelle des deux côtés. La bonne posture n'est ni de donner à tout le monde en permanence, ni de tout refuser par principe, mais de donner quand un service vous a effectivement été rendu.
Combien donner à un guide ou à un chauffeur ?
Nous ne publions pas de barème, et c'est volontaire : les montants pertinents dépendent de la durée de la prestation, de la région et de l'évolution de la livre égyptienne, et un chiffre imprimé aujourd'hui serait faux dans six mois. Le principe, en revanche, ne bouge pas.
- Le pourboire à un guide ou à un chauffeur se donne en fin de prestation, pas au fil de la journée, et il est proportionnel à la durée : une journée complète n'appelle pas la même chose qu'une demi-journée.
- Il vient en plus des honoraires convenus, jamais à la place. Chez JC Tours, le tarif affiché est complet : le pourboire reste entièrement à votre discrétion et personne ne vous le réclamera.
- Si vous hésitez, demandez franchement à votre guide un ordre de grandeur pour le chauffeur. C'est une question normale et il y répondra sans détour.
Sur nos excursions, le transport privé est compris dans le prix, ce qui veut dire qu'il y a un chauffeur en plus du guide. Les deux sont des interlocuteurs distincts et le pourboire, s'il y en a un, se donne séparément. Le déroulé d'une journée type est détaillé sur chaque page, par exemple pour le vieux Caire et Khan el-Khalili.
Faut-il donner du bakchich à l'hôtel et au restaurant ?
À l'hôtel, l'usage est de laisser quelque chose au personnel qui monte les bagages et au personnel d'étage. Au restaurant, la note comporte souvent déjà un service et une taxe ; un complément reste apprécié pour un service attentif, mais il est facultatif et modeste.
Dans les cafés populaires, notamment autour de Khan el-Khalili, l'usage est plus souple : arrondir la note suffit largement. Ce sont des lieux où l'on reste longtemps pour une consommation modeste, et personne n'attend de geste spectaculaire.
Comment distinguer un bakchich normal d'une arnaque déguisée ?
La différence tient à un seul critère : avez-vous demandé le service ? Un bakchich normal récompense quelque chose que vous vouliez. Une sollicitation abusive, elle, commence toujours par un service que vous n'avez pas sollicité — une photo prise d'autorité avec votre téléphone, un « raccourci » indiqué de force, un chameau approché pendant que vous regardiez ailleurs.
- Le service n'a pas été demandé, et la demande d'argent suit immédiatement.
- Le montant est annoncé en euros ou en dollars plutôt qu'en livres égyptiennes.
- Le ton monte si vous déclinez, ou l'on vous suit sur quelques mètres.
- On vous propose de vous emmener « juste voir » une boutique, un atelier ou un institut de papyrus.
Dans ces cas, un refus calme et sans agressivité suffit presque toujours : « la, choukran » — non, merci — en continuant à marcher. Le sujet des arnaques mérite un traitement à part entière, et nous l'avons détaillé dans notre article sur les arnaques à éviter en Égypte.
C'est aussi la raison pour laquelle nous n'emmenons jamais nos voyageurs dans une boutique partenaire : dès qu'un guide touche une commission sur un achat, il cesse d'être un allié dans ce genre de situation. Le principe est le même sur toutes nos excursions, y compris celles qui traversent des zones commerçantes comme Memphis et Saqqarah.
Dans quelle monnaie donner le bakchich ?
En livres égyptiennes, toujours. Donner en euros ou en dollars pose deux problèmes : le bénéficiaire doit aller changer la somme, souvent à un taux défavorable, et cela installe l'idée qu'un visiteur étranger paie dans une autre devise — ce qui alimente précisément les sollicitations décrites plus haut.
Une exception pratique : les pourboires plus substantiels laissés en fin de séjour à un guide ou à un chauffeur sont parfois donnés en euros, et cela ne pose pas de difficulté. Pour tout le reste, la monnaie locale est la bonne réponse.
Comment se préparer avant de partir ?
La seule vraie préparation consiste à avoir de la petite monnaie. C'est banal et c'est pourtant ce qui manque le plus souvent : on se retrouve à vouloir donner un petit billet et à n'avoir qu'une grosse coupure, ce qui rend la scène inconfortable pour tout le monde.
- Changez une partie de votre argent dès votre arrivée et demandez expressément des petites coupures.
- Séparez-les du reste : une poche dédiée évite de sortir une liasse en pleine rue.
- Refaites le plein de petites coupures tous les deux ou trois jours, en payant un café ou une course en espèces.
- Prévoyez une réserve pour le dernier jour, souvent celui où l'on donne le plus.
Rien de tout cela n'a besoin d'être stressant. Sur nos journées, votre guide vous dit simplement quand un geste est attendu et quand il ne l'est pas — c'est l'un des conforts les moins spectaculaires et les plus appréciés d'une visite accompagnée. Si vous préférez construire un programme complet autour de vos propres repères, le formulaire de voyage sur mesure est fait pour cela.




